Comment oublier quelqu’un qui vous a fait du mal : étapes et conseils pour guérir

landine Jacquinot

avril 17, 2026

💡 L’essentiel en 30 secondes

Oublier n’est pas effacer, c’est désactiver la douleur. La méthode qui a marché pour moi (et que confirment les psys) : 1) Couper les ponts physiquement et numériquement (blocage, rangement des objets), 2) Accepter de souffrir sans se battre contre (c’est un deuil, pas une erreur), et 3) Reconstruire son quotidien brique par brique avec de nouvelles habitudes qui ne contiennent plus cette personne. La clé ? Agir concrètement, même quand on n’en a pas envie. La pensée suit l’action.

Il y a des sujets de blog qu’on aborde avec son expertise de bricoleuse du bonheur, et d’autres où l’on parle aussi avec ses cicatrices. Aujourd’hui, on parle de comment panser une blessure qui ne se voit pas : celle laissée par quelqu’un qui nous a fait du mal. Amour, amitié, relation toxique… Peu importe le label. Le cœur du problème, c’est cette rumination qui tourne en boucle, ce mélange de colère, de tristesse et de nostalgie qui pollue vos journées, surtout quand vous avez déjà mille autres choses à gérer (un boulot, des gamins, un logement).

Je ne suis pas thérapeute, mais j’ai été cette fille qui scrollait les photos à 2h du mat’ en se demandant « pourquoi ? ». J’ai aussi discuté avec des dizaines de « Joieuses » sur les forums, qui partagent ce même sentiment d’être bloquées. La bonne nouvelle ? C’est un chantier comme un autre. Ça se planifie, ça s’organise, et on peut en sortir plus forte, avec des outils solides pour l’avenir. On va parler de ça, sans langue de bois et avec des marches à suivre testées en conditions réelles.


Arrêtez de chercher à « oublier », commencez par « accepter »

La première erreur, c’est de se mettre en tête d’effacer les souvenirs. Votre cerveau n’est pas un disque dur. Plus vous luttez contre une pensée (« Il faut que j’oublie ! »), plus elle revient en force (c’est l’effet « ours blanc » des psychologues). La première étape, c’est donc de changer d’objectif.

« On n’oublie pas les gens, on apprend à vivre sans eux. On ne guérit pas des blessures, on apprend à vivre avec les cicatrices. » C’est un peu cru, mais c’est le fondement de tout. Vous acceptez que cette histoire fait partie de votre passé, mais qu’elle ne définit pas votre futur.

L’action concrète qui marche : l’écriture explosive. Pas un journal intime poétique. Une séance de 10 minutes où vous écrivez tout ce qui vous passe par la tête, sans filtre, sur cette personne et ce qu’elle vous a fait. Les insultes, les reproches, les « pourquoi t’as fait ça ? », les regrets. Le but n’est pas de relire, ni d’envoyer. C’est de sortir le poison de votre tête pour le mettre sur du papier. Une fois fini, vous rangez la feuille dans une boîte, ou mieux, vous la déchirez/brulez. Symboliquement, c’extrêmement puissant. Ça clarifie le chaos intérieur.

comment oublier quelqu'un qui nous a fait du mal

La désintoxication numérique et physique (non, ce n’est pas dramatique)

Vous ne guérirez pas d’une dépendance en gardant la substance à portée de main. Ici, la substance, c’est tout ce qui vous relie à cette personne. Et soyons honnêtes, en 2026, c’est surtout numérique.

  • 🚫 Bloquez-le/la sur les réseaux sociaux. Pas « unfriend », bloquer. C’est pour vous, pas par vengeance. Ça supprime la tentation de stalker et la souffrance de voir sa vie défiler sans vous.
  • 🗑️ Supprimez le numéro. Vous le savez par cœur ? Ce n’est pas une raison pour le garder en contact. Le supprimer, c’est se créer une barrière supplémentaire à l’impulsion de texte nocturne.
  • 📦 La boîte « à oublier ». Rassemblez les objets physiques (cadeaux, lettres, photos imprimées) dans une boîte. Ne la jetez pas forcément tout de suite (l’affect est fort). Scellez-la avec du scotch et mettez-la au fond d’un placard, chez un·e ami·e ou à la cave. L’objectif est de les retirer de votre environnement quotidien.

Cette étape est souvent la plus dure, car c’est un acte concret qui valide la fin. On a l’impression de « jeter » l’histoire. En réalité, on fait du tri. Comme quand on range la chambre du grand pour y mettre un bureau : on garde les souvenirs précieux du bébé, mais dans un carton au grenier, pour faire de la place pour la nouvelle phase de vie.

Et si on doit se croiser (école, travail) ?

La règle d’or : l’indifférence polie. Un bonjour bref si c’est inévitable, pas plus. Pas de discussion, pas de « comment tu vas ? » en mode copains. Vous êtes occupée, vous avez un appel, vous devez partir. Préparez-vous mentalement avant les situations où vous risquez de le/la croiser. Visualisez-vous rester calme et détachée. C’est un muscle à travailler.


Gérer la tempête émotionnelle : les outils de secours

Entre l’acceptation et l’action, il y a la vallée des émotions pétées : la colère qui monte en lavant la vaisselle, la tristesse qui tombe dans les embouteillages, la nostalgie qui sent un parfum familier. Voici la trousse de premiers soins, testée et approuvée.

  • 🌬️ La respiration carrée (cohérence cardiaque) : 5 secondes d’inspiration, 5 secondes de blocage, 5 secondes d’expiration, 5 secondes de blocage. À répéter 5 fois. Ça calme le système nerveux immédiatement. Idéal lors d’une pensée intrusive au bureau ou avant de dormir.
  • 📝 Le journal des « preuves » : Dans un carnet, listez tout ce que cette relation vous a coûté (temps perdu, estime de soi entamée, projets abandonnés, larmes). Quand l’idéalisation frappe, relisez cette liste. C’est votre antidote au « c’était quand même bien ».
  • 🎵 La playlist « purge » et la playlist « power » : Créez deux playlists. Une pour écouter et crier/pleurer tout ce qu’il y a à évacuer. Une autre, uniquement avec des morceaux qui vous donnent la pêche, que vous écoutez pour vous préparer le matin ou avant une sortie.

💊 Mon astuce de maman épuisée :

Quand les émotions débordent à un moment inopportun (genre pendant le bain des enfants), je me donne un « créneau de crise ». Je me dis : « OK, Landine, tu as le droit à 10 minutes de crise ce soir à 21h30, quand tout le monde sera couché. » Le simple fait de reporter la crise souvent la désamorce. Et à 21h30, si elle est toujours là, je la vis pleinement. Sinon, je profite de ma soirée.

Cette vidéo résume parfaitement un point crucial : parfois, ce qu’on prend pour de l’amour n’est qu’une habitude, un attachement malsain. Elle donne une perspective intéressante sur le lâcher-prise sans forcément chercher une « clôture » parfaite.

Quand les pensées deviennent des intrus : le protocole du STOP

La pensée revient, encore et encore ? Essayez ça :

  1. Stop ! (Dites-le à voix basse ou dans votre tête).
  2. Take a breath (Prenez une grande respiration).
  3. Observe (« Tiens, la pensée revient. Elle dit que… C’est intéressant. » Sans jugement).
  4. Pull back & Proceed (Reculez mentalement et recentrez-vous sur ce que vous faisiez). « Merci cerveau pour l’info. Maintenant, je finis de plier ce linge. »

Reconstruire : comment créer une vie où cette personne n’a plus sa place

L’oubli actif, c’est de la construction. Vous ne chassez pas le souvenir, vous bâtissez tellement de choses nouvelles et intéressantes qu’il finit par n’être qu’une petite pièce dans un immense château.

  • 🧱 Le défi des « nouvelles choses » : Inscrivez-vous à une activité que vous n’auriez jamais faite « en couple » ou par peur. Un cours de poterie, d’escalade, de langue, un club de lecture. L’objectif n’est pas la performance, mais de créer de nouveaux neurones et de nouveaux souvenirs « sans elle/lui ».
  • 👥 Réactiver son réseau social : Prenez l’habitude de dire « oui » aux invitations, même si vous êtes fatiguée. Recréez du lien. Organisez des apéros-dîners simples. La solitude est le terreau de la rumination.
  • 🎯 Un projet perso à 100% : Ça peut être un projet de déco dans votre maison, un objectif sportif, lancer un petit business sur Etsy, apprendre à coder. Quelque chose qui vous absorbe et vous rende fière de VOUS.

Et l’estime de soi dans tout ça ?

Quand on nous a fait du mal, l’estime de soi prend un coup. Un exercice redoutablement efficace : la liste des « J’ai réussi à… ». Chaque soir, notez 3 petites choses que vous avez réussi à faire dans la journée, même minimes : « J’ai réussi à me lever à l’heure », « J’ai réussi à préparer un repas équilibré », « J’ai réussi à ne pas checker son profil ». C’est la preuve concrète de votre résilience.

Faut-il consulter ? Le comparatif des aides professionnelles

Parfois, le kit de secours maison ne suffit pas. Si la souffrance est paralysante, persistante, ou si la relation était clairement toxique/manipulatrice, consulter un professionnel est un acte de courage et d’intelligence, pas de faiblesse. C’est comme appeler un plombier quand la fuite d’eau menace de inonder toute la maison. Voici un tour d’horizon des approches :

MéthodeC’est pour qui ?L’idée cléInvestissement type
Thérapie brève (TCC, Hypnose)Vous voulez des outils concrets pour gérer vos pensées et émotions maintenant.Agit sur le présent et les schémas actuels. L’hypnose permet un lâcher-prise sur des souvenirs ancrés.Quelques séances peuvent suffire pour voir une amélioration.
EMDRLa blessure est un vrai traumatisme, avec des images/souvenirs qui reviennent de manière très vive et angoissante.Retraite les souvenirs traumatisants via des stimulations (mouvements oculaires). Très efficace pour les chocs émotionnels forts.3 à 8 séances en moyenne. Reconnue par l’OMS.
Art-thérapie / EFT (Tapping)Vous avez du mal à mettre des mots sur vos émotions, ou vous êtes plus kinesthésique.Passe par le corps, le dessin, la musique pour exprimer et évacuer ce qui est coincé.Approche complémentaire, nombre de séances variable.
Psychanalyse / Thérapie longueVous sentez que cette blessure réveille des patterns anciens (relations avec les parents, etc.) et vous voulez creuser la racine.Explore l’inconscient et les liens avec l’histoire personnelle pour une compréhension profonde.Investissement à plus long terme.

⚠️ Le point sur les relations toxiques

Si la personne était manipulatrice, perverse narcissique, ou dans un schéma de dépendance affective forte, la coupure doit être radicale et sans retour en arrière. Le cerveau est comme « addict ». Dans ce cas, le soutien d’un·e professionnel·le n’est pas un « plus », c’est souvent nécessaire pour comprendre les mécanismes, éviter les rechutes et reconstruire une boussole interne saine. Ne restez pas isolée : parlez-en à des ami·es de confiance ou contactez des associations.


✨ Mon verdict

Oublier quelqu’un, c’est un projet de rénovation intérieure. On ne repeint pas par-dessus l’humidité, on assainit d’abord, on rebouche les fissures, et on choisit ensuite une nouvelle couleur qui nous plaît.

Les 3 piliers incontournables : 1) La coupure matérielle et numérique (c’est la base, sans ça, vous patinerez). 2) L’acceptation de la douleur comme une étape normale, pas comme un échec. 3) La reconstruction active via de nouvelles habitudes et projets.

Mon conseil le plus personnel ? Soyez patiente mais impatiente. Patiente avec vos émotions (ça prend le temps que ça prend). Mais impatiente dans l’action : dès aujourd’hui, faites une chose, une seule, qui va dans le sens de la coupure ou de la reconstruction (bloquer, ranger un objet, s’inscrire à un cours). L’élan se crée en bougeant.

Et vous, quelle est la première petite chose que vous pourriez faire, aujourd’hui même, pour prendre soin de vous dans ce processus ? Partagez vos idées en commentaire, on s’entraide entre Joieuses !

Combien de temps faut-il pour vraiment oublier quelqu’un ?

Il n’y a pas de durée universelle. Elle dépend de l’intensité de la relation, de votre personnalité, et des actions que vous mettez en place. Les psychologues s’accordent souvent sur une période de 3 à 6 mois pour voir une nette amélioration si vous agissez activement pour votre guérison. La première phase aiguë (les premières semaines) est souvent la plus intense. L’important n’est pas la date d' »oubli total », mais de constater une progressive diminution de la souffrance et de la place que cette personne prend dans vos pensées au fil des semaines. La guérison n’est pas linéaire, il peut y avoir des rechutes, mais la tendance doit être à l’amélioration. Source : Psychologue.net

Est-ce normal de penser encore à cette personne alors que je veux tourner la page ?

Absolument, et c’est même très courant. Vouloir arrêter de penser à quelqu’un crée un conflit interne qui, paradoxalement, ramène la pensée à la conscience (c’est l’effet « ours blanc »). La clé n’est pas de lutter contre ces pensées, mais d’apprendre à les accueillir sans leur donner de pouvoir. Observez-les passer comme des nuages dans le ciel, sans vous y accrocher, puis recentrez votre attention sur le moment présent. Tenir un journal pour exprimer ces pensées peut aussi les vider de leur charge émotionnelle. Source : Psychologue.net

Dois-je obligatoirement « faire le deuil » de la relation ?

Oui, dans le sens où le deuil est le processus qui permet d’accepter une perte définitive. Faire le deuil ne signifie pas que la relation n’avait aucune valeur, mais qu’elle est terminée et que vous devez vous adapter à une vie sans elle. Ce processus implique des phases bien connues (choc, déni, colère, tristesse, acceptation) qui ne sont pas toujours linéaires. Accepter de passer par ces étapes, même désagréables, est le chemin le plus direct vers la paix intérieure. Essayer de contourner cette douleur peut mener à une rumination prolongée. Source : Presence à Soi

Comment savoir si j’ai besoin d’une aide professionnelle (psy) ?

Consultez un professionnel si : 1) La souffrance est incapacitante depuis plusieurs semaines (vous ne fonctionnez plus au travail, vous négligez vos besoins essentiels). 2) Vous avez des symptômes dépressifs persistants (tristesse profonde, perte d’intérêt pour tout, troubles du sommeil/appétit). 3) Vous avez des pensées intrusives violentes ou des idées noires. 4) La relation était toxique ou abusive et vous avez du mal à en comprendre les mécanismes. 5) Vous sentez que cette blessure réactive des blessures d’enfance non réglées. Un·e thérapeute vous offre un espace neutre et des outils adaptés pour accélérer et sécuriser votre guérison. Source : La Clinique E-Santé

Puis-je rester ami·e avec mon ex si c’est lui/elle qui a mis fin à la relation ?

Dans l’immense majorité des cas, c’est une mauvaise idée, surtout dans la phase de guérison initiale. L’amitié immédiate maintient un lien et une proximité qui empêchent le détachement émotionnel et la création de nouvelles habitudes de vie. Elle entretient souvent de faux espoirs ou une souffrance rentrée. La règle d’or est d’instaurer une période de zéro contact (plusieurs mois minimum) pour laisser les émotions se calmer et la relation se reconfiguer dans votre tête. Après cette période, vous pourrez évaluer avec lucidité si une amitié authentique, sans arrière-pensée, est réellement possible et souhaitable. Source : SMENO

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